La Nouvelle Cordonnerie : le métier se modernise

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Ils sont de moins en moins nombreux et la relève se fait rare. Mais les deux protagonistes de ce jour sont passionnés par leur activité. Joséphine Bailat et Julien Descostes se sont lancés dans l’aventure entrepreneuriale en rachetant une cordonnerie genevoise La Nouvelle Cordonnerie. Rencontre avec deux jeunes gens motivés.

Un métier passion

En poussant la porte, l’odeur du cuir l’emporte. Puis rapidement, s’imposent le sourire et la joie de vivre des deux fondateurs. Située en plein coeur de Genève, l’échoppe La Nouvelle Cordonnerie a été reprise par deux jeunes gens plein de vitalité : Joséphine Bailat et Julien Descostes. Au départ rien de destinait la jeune femme de 27 ans à devenir cordonnière. Un parcours sans encombre scolaire, la genevoise entreprend des études en histoire de l’art « Les cours m’intéressaient, mais je ne voulais pas rester derrière mon ordinateur pour rendre des dossiers. J’ai donc cherché une autre voie, un métier plus manuel », raconte-t-elle. Le monde académique non merci, alors Joséphine prend sa vie en main. Un apprentissage en cordonnerie et des expériences professionnelles au sein d’ateliers genevois, l’artisane ambitionne d’être à son compte. « C’est Julien, aujourd’hui mon associé, qui m’a proposé d’ouvrir une cordonnerie à ses côtés », raconte Joséphine. Julien, lui, connaît déjà le métier. Le choix professionnel est plus facile. Cordonniers de père en fils, Julien Descostes découvre l’activité aux côtés de son père, cordonnier en France. Un apprentissage dans la boutique familiale, puis Julien décide de s’envoler vers de nouveaux horizons, en Suisse. « Ici les gens ont de belles chaussures. Beaucoup, travaillent dans les bureaux et la finance. Pour moi les chaussures sont ultras importantes. Il vaut mieux avoir une belle paire de souliers et un costard un peu moins joli que l’inverse », raconte très sérieusement le jeune homme. Les deux artisans se sont connus dans une boutique à Genève. L’entente est parfaite et surtout leurs compétences sont très complémentaires… Ils ouvrent leur magasin il y a deux mois seulement et les demandes sont bien là.

Moderniser la cordonnerie

Changer des talons, ressemeler des chaussures, poser des patins, ces différents savoir-faire constituent la base de leur travail. « Julien et moi-même sommes très complémentaires. Julien travaille vite et efficacement, il s’occupe de la partie protection et réparation. Quant à moi j’adapte les chaussures si elles sont trop grandes ou trop petites. C’est un travail long et minutieux », commente la jeune entrepreneuse. Du haut de leur 22 et 27 ans, les co-dirigeants veulent donner un nouveau souffle à la cordonnerie en proposant de nouveaux services à une clientèle toujours plus exigeante et dont le temps est souvent minuté. « Dans les mois qui suivent, nous envisageons de mettre en place un service de livraison. Chaque jour un coursier nous apportera les chaussures des clients, puis viendra les récupérer pour les rapporter à leurs propriétaires ; une fois réparées dans notre boutique », explique Joséphine. Entre les bancs de finissage, les machines à couture ou les presses à coller, autant de machines ancestrales, Joséphine et Julien ne manquent pas d’ouvrage. Il suffit de regarder les râteliers où sont rangées les chaussures : les unes sont remises à neuf prêtes à retrouver les pieds de leurs propriétaires, les autres sont en cours de réparation. La Nouvelle Cordonnerie, Boulevard du Pont-D’Arve 29, 1205 Genève

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